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Pêche des carnassiers : cibler ou pas son espèce ?

pêche des carnassiers

Lorsqu’on pêche un parcours abritant plusieurs espèces de carnassiers, on peut être tenté de ne pas choisir et de les tenter toutes. L’expérience montre pourtant qu’il vaut mieux cibler une espèce.

La plupart des parcours dans lesquels nous pêchons le carnassier abritent plusieurs espèces. Certains sont bien sûr très caractéristiques et abritent une espèce prépondérante. Mais d’autres au contraire contiennent des densités intéressantes de plusieurs carnassiers. Il est ainsi fréquent de pêcher des parcours abritant à la fois brochet et sandres en plus de la perche ou d’autres combinaisons. Dans ce cas, il peut être tentant de « ratisser large » en ne ciblant pas une espèce précise dans l’espoir de pouvoir les capturer toutes. Est-ce un bon calcul ? Ou vaut-il mieux choisir et cibler une espèce ?

Cinq espèces de carnassiers peuplent nos eaux. La perche est présente dans de très nombreux parcours. Sandre et brochet sont eux aussi largement répandus. Le silure présente une répartition plus réduite, mais gagne régulièrement du terrain. Quant au black-bass, il est distribué de façon bien plus aléatoire et ponctuelle. C’est donc principalement entre les 3 premières qu’il faut choisir lorsqu’elles cohabitent, mais sans oublier le silure, de plus en plus présents dans nos eaux de seconde catégorie.

Des postes différents par espèce de carnassier

Il ne faut pas oublier que toutes ces espèces n’ont pas les mêmes comportements. La première différence concerne les postes. Même s’il existe un certain recouvrement des préférences de chaque espèce, les différences sont plus marquées. Du côté des similitudes, on peut signaler la tendance à occuper les structures verticales telles que tombants ou bois noyés. Si les percidés (perches et sandres) en sont friands, les brochets les aiment aussi, tout comme le silure. En revanche, on peut noter du côté des différences la tendance du brochet à se poster dans des profondeurs réduites, dans des secteurs en pente douce. Si on y prend également des percidés, c’est parce que ces derniers viennent y chasser ; mais ils ne fréquentent qu’occasionnellement ces secteurs, préférant des structures plus marquées. Quant au black, il adore également les structures verticales tels que bois noyé et fréquente assidûment les secteurs d’abris dense, comme les herbiers, tout comme le brochet.

La taille des proies préférées par chaque espèce est également importante. Le brochet les préfère grosses : leurres ou vifs de 15 à 20 cm sont les plus efficaces pour prendre de beaux brochets. Ce qui n’est pas le cas des percidés ou du black. Pour ce dernier comme pour la perche, les leurres et vifs de 5 à 7 cm sont les plus prenants. Quant au sandre, s’il se laisse également volontiers tenter par de petites proies, celles mesurant 7 à 10 cm se révèlent souvent meilleures. Là encore, on constate des différences significatives.

Des actions de pêche différentes par espèce de carnassier

Concernant le matériel et les montages, chaque espèce va également imposer ses contraintes : un matériel d’un certain « calibre » pour le brochet et le silure, avec surtout un bas de ligne résistant aux dents tranchantes pour ce dernier, un montage sensible et un bas de ligne assez fin pour ce chipoteur de sandre et un matériel assez léger pour que la pêche des perches et black, deux carnassiers rarement gros, demeure amusante.

Enfin, l’action de pêche comporte également des différences marquées. Même s’ils fréquentent toutes les couches d’eau (surtout la perche), les percidés se prennent majoritairement près du fond. Et ils n’aiment rien tant qu’une action très saccadée lorsqu’on pêche aux leurres. Pour le brochet, qui se poste aussi bien près du fond qu’à mi eau, une animation plus coulée, avec des phases de descentes « molles » est souvent plus efficace.

On le voit à travers ces exemples, il existe des différences notables entre nos espèces de carnassiers. Et il faut les prendre en compte. S’il est tout à fait possible de réussir quelques captures sans cibler prioritairement l’une ou l’autre espèce, l’expérience montre cependant qu’on est plus efficace si on en cible une et qu’on s’y adapte avec le choix des postes, des montages et de l’action de pêche. Et cibler une espèce n’empêche nullement d’en prendre d’autres occasionnellement…

 

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